Et vive les émotions ! Et ron et ron petit patapon.

(Pour le titre, j’avais pas d’inspiration, mais au moins, celui ci vous restera dans la tête. La chanson commence par « Il pleut, il pleut, bergère » en vrai… Allez, bonne journée !)

Je disais donc, les émotions. Qu’est ce qui fait que quand on nous demande si ça va, la seule réponse qu’on attend, de part et d’autre de la conversation, c’est OUI, ça va, merci. Si Polo, le collègue ou  Madame Kiciconé, la voisine, ne va pas bien, il fait caguer tout le monde. Et si vous, vous n’allez pas bien, vous allez faire comme si. Parce qu’on ne sait pas quoi faire de la tristesse, de la colère, de la frustration, de la déception, de l’angoisse et tout ce que vous pourrez trouver qui fait qu’on « broie du noir ». Et puis, ho, ça va, j’ai déjà assez à faire avec mes problèmes, je ne vais pas en plus m’occuper de ceux des autres.

Ouais. Sauf que ça finit généralement en gros pétage de câble, avec dossiers qui volent, hurlements ou isolement, puis burn-out et dépression dans les cas les plus graves. Y’a moyen d’éviter ça, si vous êtes prêt à faire une mise à jour général de votre cerveau. Ouais, comme dans Men In Black et le stylo magique qui fait « reset ». Et pour ça, on va essayer d’encourager nos enfants à adopter les bonnes habitudes tout de suite. Parce que le stylo « reset », c’est pas donné.

 

POURQUOI ON PETE DES CABLES ?

Si vous me suivez depuis mes débuts, il y a de cela 3 jours, vous aurez lu que le cerveau de l’enfant est immature et qu’il ne lui permet pas de contrôler ses émotions. (rappel ici) Dans votre cerveau d’adulte, les connexions existent mais peuvent être soumises à du stress à cause d’une colère, d’une peur, d’une frustration, d’une fatigue…Total :

  1. DECLENCHEMENT DE LA BOMBE A RETARDEMENT : le stress produit une substance appelée cortisol. Ce cortisol vient squatter sur les neurones nécessaires à la gestion des émotions et les empêche de fonctionner. Voir les détruit, notamment chez l’enfant, quand il est présent en trop grande quantité et de façon trop fréquente. (on reverra ça).
  2. EXPLOSION : à cause du stress, le cerveau n’est plus capable de gérer, et comme chez les enfants, on fait des crises. Sauf que, adultes, nous avons appris à ne pas nous rouler par terre au milieu du magasin. Donc on tape les portes, on jette des assiettes, on pleure, on hurle, puis, plus grave, on insulte, voire on tape… Ce qui est beaucoup très efficace pour gérer les conflits et se sentir mieux…

 

COMMENT ON APPREND A DESAMORCER ?

Parlons ici de ce que nous pouvons mettre en place pour apprendre à nos enfants à gérer leurs émotions et celles des autres. Et ce, grâce à l’exemple que nous sommes, en le faisant nous même. Je vois des mines dubitatives. Le doute est une émotion. Allez hop, avancez, la lecture continue ici.

Vous êtes dans la situation suivante : l’enfant tape tout ce qui bouge dès qu’il manque d’attention. Le chat, la grand-mère, vous, ses peluches, les personnages de livre. Or, taper ce n’est pas la solution on a dit. Au lieu de lui dire « MAIS TU VAS ARRËTER DE TAPER? J’EN AI RAS LE BOL, TU ES UNE BRUTE »,

  1. DECRIVEZ LES FAITS, sans porter de jugement de valeur :  » tu m’as tapé petit chaton des bois ». Oui, on ne dit pas « tu m’as tapé sale petit morveux, tu es vilain ». Sinon, l’effet gestion des émotions est moyennement réussi et sort du cadre de la bienveillance, qui, je le rappelle, est fon-da-men-tal.
  2. PRECISEZ VOS EMOTIONS déclenchées par ces faits : « quand tu me tapes, ça me rend triste et en colère ».
  3. PRECISEZ LES EMOTIONS DE L’ENFANT, qui ne sait pas encore reconnaitre ce qui lui arrive : « je pense que tu es déçu parce que tu voulais que je joue avec toi, je comprends ». Quand il parle et dispose déjà d’un certain vocabulaire, laissez l’enfant décrire son émotion ou rectifier ce que vous lui proposez.
  4. COOPEREZ POUR SATISFAIRE LES DEUX PARTIES : proposez à l’enfant une solution quand il n’est pas en âge d’y réfléchir lui même.  » je termine de faire la vaisselle et après on pourra lire une histoire. Tu peux déjà aller la choisir ». S’il peut participer à cette étape, prenez le temps d’établir une liste des solutions envisageables. Ecrivez TOUTES les solutions proposées, oui, même « lancer le vase de maman par terre ». Puis choisissez ensuite celle qui vous convient à tous. (si vous tenez à votre vase, ne choisissez PAS la solution « lancer le vase de maman par terre ».)

 

EFFET : UN CERCLE VERTUEUX

  1. Vous indiquez à votre enfant qu’il a le droit de ressentir ses émotions et de les partager avec les autres.
  2. Il apprend à reconnaître les émotions et donc à se connaître lui même et à connaître les autres.
  3. Vous le responsabilisez : ses actes ont des conséquences sur les autres, il doit aussi prendre en compte les émotions de son entourage.
  4. Il développe ainsi de l’empathie et de la bienveillance et comprend pourquoi il ne peut pas se comporter n’importe comment.
  5. Vous éduquez un petit être social, qui grandira en maitrisant ses émotions, en reconnaissant celle des autres et en faisant appel à la coopération et non à l’affontement pour résoudre des situations conflicutelles. What else ?

De votre côté, il s’agit ici d’accueillir les émotions de votre enfant sans les juger, et d’accepter qu’il déclenche chez vous des sentiments autres que la joie éternelle. Ce n’est pas parce que vous lui dites que vous ressentez de la colère qu’il pensera que vous ne l’aimez plus. Au contraire. Vous remettez son geste en cause (en décrivant) et non sa propre personne, vous lui faites confiance pour qu’il comprenne et répare la situation. Il vous fera donc confiance en retour et se fera confiance lui même. C’est le bingo !

Ah, j’allais oublier. Tout ce processus, ça marche aussi entre adultes, et tout ça porte un nom : la communication non-violente. ( Qui a dit « c’est un truc de bisounours ». Et donc il vaut mieux vivre avec Dark Vador ou Voldemort ? ). Alors, au lieu d’aller beugler sur Martine qui n’a pas traité le dossier comme vous le vouliez, demandez vous quelle émotion réelle vous ressentez. Ah, en fait, vous êtes frustré(e) parce que vos congés n’ont pas été accordés. Puis allez voir votre chef et construisez ensemble une solution viable. Oui, je sais, parfois le chef est un gros con. Parfois c’est même un gros connard. Et lui pense que vous êtes une grosse feignasse et que vous n’aurez pas le temps de boucler le projet Carrefour.  Imaginez si vous aviez appris à gérer vos émotions et à utiliser la communication non violente…

Alors, vous voulez un petit coup de « reset »?

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Site de la communication non-violente

ILS EN PARLENT MIEUX QUE MOI !

Marshall ROSENBERG : le « concepteur » de la communication non-violente

Isabelle FILLIOZAT : la fée des émotions, et notamment chez les enfants

Adele FABER et Elaine MAZLISH : version américaine d’Isabelle FILLIOZAT. Elles auront leur entrée chez les big people aussi !

 

 

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