Rrrhhooo, une fessée de temps en temps…Lisez ça en vitesse, merci pour eux.

Ouuuuhh laaaaa vous le sentez arriver le sujet touchy ? Ca y est, je sens qu’il y en a déjà qui rouspètent dans leurs moustaches et qui me voit pousser des dreadlocks post mai 68.

« Oui enfin ça va, personne n’est mort à cause d’une fessée. Moi j’ai bien reçu des claques et aujourd’hui je me trouve plutôt équilibré(e) ».

Alors imaginez ce que ça aurait été si vous n’aviez pa reçu de tartes. Mettez vos chaussures de rando et venez mettre les pieds dans le plat par ici.

Avant tout, nous allons joindre au concept de « fessée » les concepts d’insultes et de petites phrases sympatoches du style « mais que tu es mou / stupide / bête / gourde / paresseux / méchant / menteur / andouille / niaise etc … ainsi que le concept de punition genre « tu vas au coin, privé de dessert, enfermé dans ta chambre… », d’humiliation, de chantage, tous les concepts cools quoi.

Vous êtes prêt(e) ? On y va.

POURQUOI FAIRE PEUR, CA NE MARCHE PAS

  1. PROTEGER LEURS AMYGDALES. Nan, ça ne sert à rien de leur faire tirer la langue, je parle de l’amygdale du cerveau. C’est une sous-partie du cerveau émotionnel qui participe donc à la construction…de…? Nos émotions ! Je vois que vous suivez, bravo ! Elle participe notamment à notre gestion des relations sociales et de la peur. Petite explication simplifiée. L’amygdale régit nos réactions réflexes, irréfléchies quand nous avons peur : soit on fuit soit on attaque. Puis, le signal de peur est envoyé rapidement à la partie du cerveau capable d’analyser l’origine de la peur. Ceci nous permet ainsi de calmer notre peur si la menace est finalement inexistante, ou d’agir pour calmer cette peur. Or chez l’enfant, autant l’amygdale est mature dès le départ (dès le 8ème mois de grossesse exactement !), autant le reste ne fonctionne pas encore pour prendre le recul nécessaire. Donc quand il a peur, l’enfant a purement et simplement, peur. Et la peur ça fait quoi ? Ca stresse ! Et le stress, il fait quoi ? Il bouffe les neurones. Et que fait-on quand on colle une claque à un enfant ou qu’on lui hurle dessus ? On lui fait peur. Vous me suivez ? Sinon vous relisez la phrase en boucle très vite, vous finirez par comprendre.
  2. L’AMOUR NE DOIT PAS SE MELER A LA HAINE. Vous trouvez ça sympa vous, comme preuve d’amour une claque ou une insulte ? Nan ! Parce que dans la tête des enfants, c’est ce qu’est une fessée. Que ce soit la maman, le papa, la maîtresse, la nounou, le tonton, l’adulte proche représente pour l’enfant quelqu’un qui est censé l’aimer. Donc quand l’éducateur dit  » je te punis ou je te mets une fessée pour ton bien, parce que je t’aime et que je veux te rendre service pour plus tard », il transmet le message suivant : aimer, ça peut vouloir dire faire mal, physiquement ou moralement. Ce n’est pas vraiment le message que la plupart des gens veulent transmettre aux futures générations.
  3. LA PEUR TUE LA CONFIANCE. Quand vous dites »je vais appeler le loup pour qu’il vienne te manger », vous trouvez que c’est hyper efficace. Et si votre boss vous met un flingue sur la tempe et vous dit de revoir votre dossier, c’est efficace aussi a priori. Mais vous lui ferez confiance ? Vous aurez compris quelles erreurs vous avez commises? Vous oserez lui présenter votre dossier à nouveau ? L’enfant réagit exactement de la même façon. A la différence près, qu’en plus, il est incapable de se défendre. C’est comme si nous nous battions contre Godzilla. Zéro chance de gagner. L’enfant perd alors la confiance qu’il a en vous. Puis il perd la confiance qu’il a en lui : si je me ramasse une claque c’est que je le mérite, puisque je suis nul. Donc je ne tenterai plus rien qui puisse déplaire à mon papa ou à ma maman. La peur inhibe toute l’envie de l’enfant de découvrir le monde. Bof bof comme résultat non ?

 

COMMENT JE FAIS ALORS ?

  1. MONTRER L’EXEMPLE. Pour un enfant, l’adulte sert d’exemple pour apprendre comment se comporter dans la vie. Les principaux représentants en sont ses parents, of course. Si vous voulez que votre enfant ne hurle pas, ne tape pas, n’insulte pas, alors ne hurlez pas, ne tapez pas, n’insultez pas. Si vous agissez selon le « fait ce que je dis pas ce que je fais », l’enfant perdra sa confiance en vous, indispensable à son développement sécure. J’ajouterais, est ce que vous trouveriez normal de vous ramasser une gifle pour vous faire apprendre quelque chose ? Voilà voilà.
  2. CHANGER SA POSTURE FACE A L’ENFANT. Vous préférez être un guide de haute montagne ou un dictateur pervers ? Ouais, ok, j’en fais un peu trop. Mais si vous voulez créer une relation de confiance et d’amour solide entre vous et l’enfant, il vaut mieux essayer de l’aider à grandir plutôt que de le contrôler pour qu’il grandisse dans un moule de sagesse et de discipline. Donc on garde ses chaussures de rando, on met son sac à dos et on emmène les gamins découvrir la vie en expliquant plutôt qu’en imposant, en rassurant plutôt qu’en effrayant, en chantant plutôt qu’en hurlant, en calinant plutôt qu’en tapant.
  3. ADOPTER LA SANCTION ET NON LA PUNITION. L’enfant a écrit sur le mur. Une belle frise avec un bonhomme qui ne ressemble à rien, une fleur avec trois pétales et un chien sans patte. Gé-nial. « TU VAS AU COIN TOUT DE SUITE ! ». Déjà personne ne va au coin tout de suite quand on lui demande. Sauf si c’est pour faire une autre ânerie. Ensuite, s’il va au coin, qui va nettoyer et comprendre qu’il ne faut pas écrire sur les murs ? Vous. Ca vous fait une belle jambe. Ce qu’il est possible de faire :
  • on explique calmement à petit chat que quand il écrit sur les murs, ça nous met en colère, on applique la communication non violente.
  • on insiste sur le positif : je vois que tu as envie de dessiner, mais il vaut mieux le faire sur une feuille, comme ça on peut garder les dessins et les montrer à Papy et Mamie. On ira acheter un beau cahier et des beaux feutres.
  • Maintenant tu vas m’aider à réparer en nettoyant avec moi. C’est la différence entre la punition et la sanction : la sanction répare, la punition fait peur ou mal et ne sert à rien à part pousser à recommencer, et souvent de façon lâche, dans le dos des parents. Même un enfant de 12 mois est capable de prendre un chiffon et de vous aider à nettoyer même si c’est symbolique. Je vous recommande l’éponge magique M.Propre d’ailleurs, hyper efficace.

Tout le monde sait que quand l’enfant renverse son verre d’eau 6 fois d’affilé exprès, qu’il est 5h52 et qu’on est dimanche matin, qu’il s’est réveillé dix fois pendant la nuit, que la vaisselle déborde, et qu’en plus vous avez marché dans le vomi du chat, il est très très très difficile de ne pas user de subterfuges simples et efficaces sur le moment. La claque tombe, les cris apparaissent, les petites phrases méchantes servent de défouloir. Ca peut arriver. Mais avec de l’entrainement, de la volonté, souvent une remise en cause de sa propre éducation ( ce qui est difficile), vous pouvez y arriver ! Harmonie, amour, tendresse, écoute vous attendent et ça change la vie !

POUR ALLER PLUS LOIN

 

 

 

 

 

 

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