Faire le ménage sans s’engueuler. Ou comment être un parent exemplaire.

Quand on est un papa ou une maman, ça veut souvent dire qu’on est aussi en relation étroite avec quelqu’un d’autre que son enfant : Chéri(e)Chou. Et que parfois, on oublie que l’empathie, la bienveillance, le calme pourrait aussi nous servir quand il s’agit de dire à Chéri(e) Chou qu’il nous casse vraiment les…pieds. On parle des pieds. Total : cris, prises de tête en chuchotant mais comme si on criait parce que petit chat des bois dort, portes qui claquent, parfois vol d’objets et insultes. Tout ça est aussi banalisé que la violence éducative ordinaire dont nous avons déjà parlée (VEO, voir par ici) alors qu’on pourrait faire autrement.

Abordons une situation conflictuelle concrète : on est samedi matin, l’appart ressemble à ZARA le premier jour des Soldes, Chéri(e)Chou et vous êtes aussi aimables que les vendeuses à l’ouverture du magasin à l’idée de devoir faire du bon vieux ménage. (ceux qui ne font pas le ménage pourront ici faire preuve d’imagination pour se trouver un thème, et le partager pour notre plus grand plaisir). Admettons, vous avez posé votre manteau sur le fauteuil du salon alors que Chouchou veut qu’il soit posé sur le porte-manteau de l’entrée. Chouchou tombe sur le manteau, au sens propre ou figuré, selon, et là, c’est le drame :

« Mais sérieux, tu peux pas faire attention ? Tu es une vraie tête en l’air. J’en ai marre de ton caractère d’artiste dans les nuages, merde à la fin ». Huuuuummmm, c’est à moi qu’il parle là ? Et c’est parti pour vingt minutes de dispute, bla bla bla, avec les mêmes arguments depuis dix ans, qui se termine par un débat général sur la place de la femme dans la société et une belle synthèse de la personnalité de Chéri(e)Chou : tu ne sais pas écouter de toute façon. En attendant, personne ne passe l’aspi, Petit Chat des bois a peur de maman qui devient hystéro et de Papa qui met un coup de pied dans la porte (et qui se pète le petit doigt de pied et se met donc à beugler) et la matinée est encore plus pourrie que prévue. PAR-FAIT.

 

POURQUOI ÇA DÉGÉNÈRE ?

  • Parce que tout le monde est énervé, agacé d’avance mais fait comme si de rien n’était. Vous ressentez des émotions mais vous ne savez pas les communiquer ni accueillir celles de l’autre.
  • Parce que vous vous confortez dans des schémas de comportement précis : vous êtes et avez toujours été quelqu’un « avec du caractère ». Cheri(e)Chou est reconnu(e) depuis toujours comme celui ou celle qui boude. Vous vous devez alors de correspondre à cette étiquette, sinon, ce n’est pas digne de qui vous êtes.
  • Parce que tout le monde croit qu’un conflit se résout en cherchant qui a raison. « Un manteau ça va sur le porte manteau et c’est tout. Oui mais je n’ai pas eu le temps hier parce que j’ai dû m’occuper de chaton des bois qui pleurait. nia nia nia nia nia ».

 

COMMENT PEUT ON FAIRE AUTREMENT ?

  1. ON EXPRIME SES EMOTIONS. Et uniquement ses émotions, pas celles de l’autre. Au petit dèj, quand vous savez que le ménage arrive et que ça vous fait suer d’avance, dites le avec calme et décontraction à votre conjoint(e). Ce n’est pas de sa faute si nous n’aimons pas vivre dans des maisons sales et que nous devons faire le ménage. (enfin a priori…)  » bon, je ne te cache pas que ça m’énerve d’avoir à faire le ménage ce matin ». Et plus tard, à la découverte du manteau : » quand tu mets ton manteau là, j’ai le sentiment de ne pas être écouté(e). »
  2. ON RESTE OUVERT AUX EMOTIONS DE L’AUTRE. Et on le laisse s’exprimer à son tour. Il vous dira alors, avec calme et bienveillance : « je te comprends. Moi non plus ça ne m’enchante pas. » Et en ce qui concerne le manteau : « d’accord, j’ai entendu. Ça te tient vraiment à coeur que le manteau soit rangé ».
  3. ON TROUVE UNE SOLUTION SATISFAISANTE POUR LES DEUX PARTIES. Chacun peut proposer des idées pour rendre le ménage plus sympa. Si, c’est possible !
    1. on met de la musique et on chante, danse ensemble tout en passant l’aspi.
    2. on définit des tâches spécifiques à chacun, comme ça, les objectifs sont clairs et chacun à sa responsabilité. Et pour distribuer les tâches, on n’oublie pas d’appliquer les mêmes principes. N’allez pas vous entretuer pour savoir qui passe le balais ou qui nettoie les toilettes.
    3. on inclut petit chaton des bois dans ce qui devient un jeu : avec un petit chiffon, un enfant, même de 12 mois, peut aider, même si c’est symbolique au départ. On évite peut être le nettoyage des vitres, déjà qu’on n’y arrive pas… Ouais, même le vinaigre et le journal, ça ne marche pas. Les enfants adorent participer aux tâches ménagères et c’est bénéfique pour eux. (un article viendra d’ailleurs sur ce sujet).
    4. On se met une limite de temps, comme ça ça fait un challenge pour toute la famille
    5. Et tout ce que vous pouvez inventer pour rendre ça moins fastidieux !

 

Je sais. Quand vous lisez ça, vous vous dites « ah ouais, c’est hyper naturel comme façon de faire.N’importe quoi. » Bah essayez quand même. Parce que du coup, vous pouvez changer votre naturel et celui de votre enfant. Lui montrer l’exemple en pratiquant la communication non violente (CNV) au quotidien lui apprendra efficacement que les désaccords et les conflits ne se résolvent pas en hurlant ni en s’opposant mais en écoutant l’autre et en coopérant. C’est pas beau ça ?

POUR ALLER PLUS LOIN

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