Les enfants ont une mémoire de poisson rouge. Pourquoi ?

Si vous envoyez un enfant de deux ans chercher son nounours bleu, sa petite voiture verte et son sac à dos, il reviendra certainement avec son livre de Petit Ours Brun ou sa brosse à dents croisés sur son chemin. Déjà, parce que ses bras son trop petits pour rapporter tout ça, et ensuite, parce qu’une des trois fonctions exécutives (j’ai déjà parlé du contrôle inhibiteur) n’est pas encore assez développée : la mémoire de travail.

C’EST QUOI ÇA ?

La mémoire de travail est une mémoire à court terme. Elle nous permet de conserver une information dans notre tête, de nous en servir et de la mettre à jour quand nécessaire.

Par exemple, Chéri(e)Chou part faire les course. Vous lui demandez de vous rapporter le shampooing L’Oréal Booster d’Eclat à l’arginine d’avocat. Déjà, il faut retenir l’information. Puis vous l’appelez pendant qu’il est au magasin pour changer d’avis. En fait, vous voulez le shampooing Garnier à l’huile de baobab bio. Vous êtes pénible si je peux me permettre. Ainsi, monsieur ou madame doit activer sa mémoire de travail pour enregistrer que vous voulez CE shampooing, puis se rendre dans le bon rayon, puis trouver la bonne marque et le bon produit puis réajuster son information après votre coup de fil relou. Si vous vous retrouvez avec du Head&Shoulders anti-pelliculaire qui pue l’eucalyptus, c’est que la mémoire de travail a été dérangée dans son processus…

La mémoire de travail est donc indispensable pour établir des liens entre plusieurs informations, pour faire du calcul mental (qui a dit « oui enfin, les calculatrices existent  » ? Ce n’est pas parce que vous avez des difficultés en calcul mental qu’il faut être désagréable.) et pour prioriser nos actions.

De cette façon, grâce à elle, nous pouvons :

  • VOIR LE MONDE SOUS DIFFERENTS ANGLES. Par exemple, on peut mettre en lien le livre qu’on a lu sur la politique du travail en Allemagne, l’émission de radio sur la culture R’n’B dans les quartiers défavorisés de Harlem dans les années 90 sur France Inter, ou encore cet excellent article dans Le Monde Diplomatique sur la place de la Russie dans le conflit syrien. Ah, vous ne faites pas ça vous ? Pas de problème, ça marche aussi avec Gala et ELLE.
  • COMPRENDRE UN LIVRE, UN FILM, UNE CONVERSATION. Imaginons par exemple que vous regardiez Titanic sans mémoire de travail. Tiens, mais pourquoi cette nana est perchée sur la proue d’un bateau ? Et c’est qui ce type qui dessine cette nana nue avec un gros coeur en strass ? Ooh mais qu’est ce qu’il se passe, tout le monde est dans l’eau alors qu’il fait froid ? Evitez les potes à faible mémoire de travail au ciné…
  • RETENIR UNE CONSIGNE ET L’UTILISER A BON ESCIENT. Pour préparer le repas de Noël et avoir des compliments de belle-maman ou de Papy, il vaut mieux avoir une bonne mémoire de travail pour suivre la recette : enregistrer les ingrédients nécessaires puis les utiliser de la façon indiquée, le sucre c’est pour la bûche, le thym, pour la dinde. Se rappeler que votre four est vieux et que si vous mettez le thermostat à 220°, ça cuit comme si c’était à 150° : se lever à 4h du mat’ pour être prêt pour le repas…

 

CHEZ LES ENFANTS…

Et bien chez les petits, la mémoire de travail est peu développée. Elle commence à maturer entre 3 et 5 ans. Elle fait appel au fameux cortex pré-frontal, cette partie du cerveau immature chez les enfants. Ceci signifie que quand vous avez l’impression que votre enfant a une mémoire de poisson, c’est…un peu vrai ! Mais heureusement, elle se développe petit à petit et ce, tout au long de la vie.

Cette notion est très importante, notamment à l’école. En effet, la mémoire de travail intervient dans la compréhension d’une consigne lors d’un exercice, dans la capacité à comprendre un texte, dans l’apprentissage de la lecture (pour comprendre que B+A = BA, il faut se souvenir de B pour y ajouter A…),des mathématiques, de tout  ! Je rappelle que des recherches montrent que la qualité des fonctions exécutives, dont fait partie la mémoire de travail, chez un enfant est plus prédictive pour son avenir que le QI!

COMMENT ON LA DÉVELOPPE ?

De la même façon que pour le contrôle inhibiteur : AUTONOMIE dans le quotidien. En agissant seul et en étant encouragé à le faire, l’enfant apprend mieux. Si vous le laissez établir ses propres plans d’action pour atteindre ses objectifs, il renforcera sa mémoire de travail. Pour l’aider,

  • Indiquer les consignes du quotidien sous forme de dessins, en les collant dans chaque pièce selon l’action à accomplir, plus facile à mémoriser et à comprendre qu’une phrase !
  • Donner des consignes courtes : brossage de dents ! l’heure du pyja ! lavage de main !
  • Trouver des trucs mémotechniques avec l’enfant pour qu’il se souvienne de leçons de l’école, de missions que vous lui donnez (acheter du pain et des fruits)…
  • le tout dans la bienveillance et sans stress

 

POUR ALLER PLUS LOIN

 

 

 

Un commentaire Ajoutez le vôtre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s