Mettre des carrés dans des ronds : pourquoi s’acharnent-ils ?!

Faisons un petit jeu, vous voulez bien ? J’en vois déjà qui frétillent.

Complétez cette suite de nombres : 1-3-5-7…

Puis complétez celle – ci : 25 – 23 – 21 – 19…

Je veux bien admettre que c’est moins excitant que prévu mais en faisant cet exercice, vous avez fait appel à votre flexibilité cognitive je vous signale. Et ça c’est formidable ! J’explique.

C’EST QUOI ÇA ?

Nous avons vu précédemment qu’il existe trois grandes fonctions exécutives qui nous permettent d’agir face à des situations nouvelles. Vous connaissez déjà le contrôle inhibiteur et la mémoire de travail. Je vous laisse deviner la troisième…

La flexibilité cognitive est la capacité à s’adapter face à un problème ou à un changement en proposant des solutions créatives. Elle nous permet donc de traiter les modifications dans nos vies avec plus ou moins de souplesse, en changeant de point de vue, en passant d’une activité à une autre. C’est ce que vous avez fait en ajoutant 2 dans la première suite de nombres puis en retirant 2 dans la deuxième. Vous avez adapté votre comportement à une nouvelle situation. Prenons un exemple plus quotidien.

Vous prenez tranquillement votre petit dèj en écoutant la radio (ou pas tranquillement du tout selon si l’enfant est réveillé ou non. Baissez vous, je viens de voir passer un morceau de pain…). Le journaliste vous informe que le pic de pollution atteint des sommets (jeu de mots, mwahaha) et que du coup, seuls les véhicules immatriculés impairs peuvent circuler. Pas de bol, vous êtes PT 386 WC. Vraiment pas de bol d’ailleurs. C’est là que la flexibilité cognitive est dégainée. Si elle fonctionne bien, vous allez élaborer un nouveau plan d’action pour aller travailler. Vous pourrez :

  • prendre les transports en commun gratos, radin que vous êtes, ça vous fait plaisir
  • y aller à pieds, un peu de sport ça ne vous ferait pas de mal
  • poser un RTT, pour éviter le bazar général (bravo)

Si en revanche, votre flexibilité cognitive était bloquée, vous pourriez vous ententêter à sortir votre voiture. Vous seriez incapable de changer de stratégie même en ayant pris connaissance d’un nouvel élément.

C’est ce qui arrive aux tout petits qui tentent par exemple de faire entrer le grand cube dans le petit cube, inlassablement. Vous savez, ce genre de situation où il est très difficile de ne pas intervenir : « mais tu vois bien que le gros cube ne peut pas entrer dans le petit cube, rrrhhhooo ». On entend même parfois des « mais qu’il est nouille » et autres petits noms sympas. En grandissant, cette fonction cognitive s’élabore et se développe car elle est immature à la naissance.

Elle permettra ainsi à un enfant, à l’école, de s’adapter à des situations nouvelles : changement de place dans la classe, déménagement, changement de consignes et d’exercice, faire une erreur et être capable de la corriger… Si un enfant présente un trouble de cette fonction, il pourra être rapidement mis dans la case « entêté – borné – n’en fait qu’à sa tête », alors qu’il est en fait incapable d’activer cette fonction. Attention donc aux étiquettes !

 

COMMENT ON DÉVELOPPE LA FLEXIBILITÉ COGNITIVE ?

Je sens que vous avez compris à force de répétition : en laissant de l’autonomie à l’enfant ! Au risque de heurter les sensibilités, je reprends mon exemple du ménage.

C’est samedi matin, vous ne pouvez plus repousser, il faut faire le ménage. Qu’à cela ne tienne, vous impliquez petit-chaton-des-bois et vous lui demandez de nettoyer une tâche sur la table basse. Pour cela, vous lui donnez un torchon. L’enfant a beau fotter, comme la tâche est là depuis 3 jours (hum hum), il ne parvient pas à la faire disparaître. C’est donc un super entrainement pour sa flexibilité cognitive. Dans sa tête, c’est comme une réunion du G20 : ok, les mecs, qu’est ce qu’on fait pour faire partir cette fucking tâche ? Si, ils parlent comme ça au G20. Le môme va donc mouiller le chiffon, aller chercher une éponge, cracher sur la tâche, gratter et rayer la tâche ou que sais-je, mais en tout cas, il va trouver une solution créative face à son problème ! Mais si vous intervenez, l’enfant n’apprendra pas: il doit faire lui même pour comprendre lui même et rectifier lui même. L’erreur est ainsi un processus d’apprentissage nécessaire. (nous y reviendront lors d’un prochain article).

Sachez aussi que cette faculté dépend de son âge. Imaginons, c’est l’heure de l’activité gommettes.

  • à 2 ans, un enfant ne peut appliquer qu’une seule règle à la fois : les étoiles vont dans dans ce cercle. Ce n’est pas la peine de lui dire que les coeurs vont par ci, c’est trop pour lui.
  • à 3 ans, il peut en appliquer deux : les étoiles vont dans ce cercle et les coeurs dans celui-ci. Donc on n’invente pas un truc avec les lunes.
  • Entre 3 et 4 ans, l’enfant sera capable de suivre une règle plus évoluée, qui dépasse les précédentes et atteint l’abstraction, la conceptualisation. Il peut par exemple classer les gommettes en fonctions de leurs couleurs, qu’elles soient étoiles ou coeurs.

Il est donc important de donner des consignes claires, précises et adaptées à l’âge des enfants ! Sinon, les gommettes seront partout sauf dans le cercle…

 

POUR ALLER PLUS LOIN

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