Enfant et crises : la médaille de l’ordre et du j’m’irrite.

Ce matin, le petit chaton a les griffes sorties et le poil hérissé. Oui, encore. Vous ne comprenez pas pourquoi. Votre poil à vous commence a être sacrément hérissé aussi, du coup. Surtout si on est en hiver… Bref. La scène du drame est la suivante :

On s’approche du printemps, il se met à faire chaud et vous transpirez des pieds dans vos chaussures fourrées.Qu’à cela ne tienne, aujourd’hui, d’humeur audacieuse, vous décidez de ne pas mettre de chaussettes.Vous voilà donc dans l’entrée, sur le départ, petite écharpe pour protéger du fond de l’air, trench tout juste ressorti-du-placard-et-totalement-froissé-mais-ça-ne-se-verra-pas, chevilles à l’air et fières de l’être. L’enfant vient mettre ses propres chaussures, s’assied et ses yeux se posent sur vos pieds. Sa bouche se met à trembler.

« Quoi ? Tu veux pas aller à la crèche ? – Joosette. Tu à soif  ? JooOOooooooosette. Mais c’est qui Josette ? NAN. JOSEEEEEETTE. Mais qu’est ce que tu as, JE NE COMPRENDS PAS ALORS TU TE LÈVES, ON VA ETRE EN RETARD, DÉPÊCHE TOI !

Et voilà. C’est parti pour une bonne vieille crise des familles, qui va, chaussettes ou pas, vous faire macérer les pieds bien comme il faut. Demain, vous sortez en tongs, je vous le dis.

 

QUE SE PASSE-T-IL ?

« ah bah ça c’est sûr, il fait un caprice hein. » Vous êtes nouveau sur le blog, nan ?

CA N’EXISTE PAS LES CAPRICES ON A DIT ! Votre enfant vit un vrai drame. Au cours de leur vie, les enfants traversent ce que Maria Montessori appelait les périodes sensibles. J’ai ici mis en lumière la période sensible de l’ordre. Les périodes sensibles sont caractérisées par un intérêt de l’enfant profond et concentré sur un apprentissage spécifique. Dans la période sensible de l’ordre, l’enfant apprend le monde dans lequel il vit en s’aidant de repères nombreux et très précis, construits dans son quotidien.

Les fourchettes à gauche et les couteaux à droite dans le tiroir, la lampe du salon à côté du canapé, les clés de la voiture dans la poche droite du manteau de maman… Chaque objet, chaque geste, chaque habitude est un support pour  construire un monde sécurisé. Plus l’environnement qui l’entoure lui est familier, plus l’enfant peut prendre confiance et faire ses découvertes sereinement. En ne mettant plus de josettes dans nos chaussures, nous déstabilisons leurs chemins balisés, parce que pour eux, chaussures = chaussettes. Ca marche aussi avec les sandales, chacun son style.

 

ON FAIT QUOI ?

Bon là, évidemment, vous n’allez pas mettre vos après-skis et vos chaussettes en laine qui pique alors qu’il fait vingt degrés.

  • EXPLIQUER. Prendre quelques minutes (deux heures) pour expliquer à votre môme qu’au printemps, comme il fait bon, on peut mettre ses chaussures sans ses chaussettes et que c’est cool. Faire pareil avec…ben…tout.
  • LÂCHER PRISE. Si c’est votre enfant qui veut mettre ses chaussettes, alors laissez le faire. Il aura peut être trop chaud, mais il aura fait son choix et se rendra vite compte qu’aucun crocodile ne va venir lui bouffer les orteils s’il met ses chaussures sans chaussette. Ce sera un nouveau repère : quand il faut chaud, on peut poser ses chaussettes. Ça sonne bien, nan ? Je vais le ressortir au boulot, tiens.
  • RANGER ET ORDONNER. Sans parler de sortir votre double décimètre pour mettre le couvert, on n’est pas au Ritz, il est important pour les enfants de connaître la place de chaque chose, surtout pour leurs affaires et dans leur chambre : les chaussures dans le meuble, les puzzles sur l’étagère, les peluches dans la caisse en bois… En plus ça les rend autonome pour le rangement !
  • RASSURER. du coup, si vous faites des changements importants – déménagement, changement de déco ou de meuble, vacances, il est important d’accompagner l’enfant et lui laisser le temps pour qu’il puisse se créer de nouveaux repères.
  • SE METTRE A LEUR PLACE. Si vous étiez balancé(e) sur Mars, sans avis d’expulsion, ça vous ferait quoi ? Sans plan ni Google Maps hein. Le gros flippe. Du coup, on ne dit pas « c’est rien, arrête ta comédie », on dit « ah oui, je comprends que tu ne sois pas à l’aise, je vais t’expliquer ».

 

Au lieu de lever les yeux au ciel, vous feriez mieux de penser à votre tasse fétiche dans laquelle vous aimez boire votre café, à votre brosse à dent posée à droite du robinet et pas à gauche ou encore aux coussins du salon : le rouge sur le bleu et pas l’inverse… Allez donc voir un peu sur Mars, comment ça fait !

 

POUR ALLER PLUS LOIN

  • Un article sur les périodes sensibles, du blog apprendre à éduquer
  • Le livre de Maria Montessori, l’Enfant
  • Un exemple concret d’une maman qui a vécu la période sensible de l’ordre avec son enfant et qui montre que le vôtre n’est pas zinzin, sur famille-épanouie.fr

 

 

 

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